Sexothérapeute en France
Le sexothérapeute combine les approches de la psychothérapie et de la sexologie pour traiter les problématiques liées à la sexualité dans un cadre thérapeutique global. Il aide les couples à retrouver une intimité épanouissante.
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Quand le corps et les émotions ne suivent plus
Vous avez peut-être déjà vu un médecin. Peut-être qu'on vous a dit que « tout est normal » sur le plan physique. Et pourtant, quelque chose bloque. Le désir a disparu, la confiance dans son corps s'est effritée, ou une expérience passée continue de peser sur l'intimité du couple.
C'est exactement le terrain du sexothérapeute. Là où le sexologue travaille sur la dimension clinique et fonctionnelle, le sexothérapeute creuse du côté psychologique. Il s'intéresse aux blocages émotionnels, aux traumatismes, aux croyances autour du corps et de la sexualité qui empêchent de vivre pleinement sa vie intime.
Quelques exemples concrets : une femme qui n'arrive plus à se laisser aller depuis son accouchement. Un homme paralysé par l'angoisse de performance après une première « panne ». Un couple qui s'aime mais dont la chambre est devenue un terrain d'évitement. Une personne qui porte un traumatisme sexuel et qui veut se réapproprier son corps.
Entre sexologie et psychothérapie : un travail sur deux plans
Le sexothérapeute, c'est un praticien qui a un pied dans la sexologie et l'autre dans la psychothérapie. Il connaît le fonctionnement du corps et de la réponse sexuelle, mais il sait aussi explorer ce qui se passe dans la tête, et surtout dans la relation.
Les outils qu'il utilise varient selon sa formation :
- Les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) pour déconstruire les pensées automatiques qui parasitent la sexualité (« je ne serai pas à la hauteur », « mon corps n'est pas désirable »)
- L'EMDR, une technique de retraitement des souvenirs traumatiques, très utilisée quand un traumatisme sexuel est en jeu
- L'hypnose ericksonienne, pour travailler sur les blocages inconscients et la reconnexion au corps
- La pleine conscience sexuelle (sexual mindfulness), une approche qui aide à sortir du « mode performance » pour revenir aux sensations
Chaque suivi est différent. Il n'y a pas de protocole rigide. Le sexothérapeute adapte ses outils à ce qui émerge en séance, en respectant le rythme de chacun.
Ce qu'on travaille concrètement en sexothérapie
Les premières séances sont consacrées à l'histoire : votre parcours de vie, votre éducation autour du corps et de la sexualité, vos relations passées et actuelles. Le sexothérapeute cherche à comprendre comment les choses se sont construites, pas pour vous psychanalyser pendant trois ans, mais pour identifier les nœuds qui bloquent aujourd'hui.
Ensuite, le travail alterne entre parole et exercices. Certains se font en séance (exercices de respiration, de visualisation, de connexion corporelle). D'autres sont proposés à la maison, seul ou en couple : des exercices progressifs et sans pression, inspirés de la méthode de sensibilisation sensorielle développée par Masters et Johnson dans les années 1960 et toujours utilisée aujourd'hui.
La durée d'un suivi varie. Pour un blocage ciblé (angoisse de performance, difficulté à atteindre l'orgasme), 10 à 15 séances suffisent souvent. Pour un travail plus profond (un trauma, des schémas relationnels enracinés), le suivi peut s'étaler sur 6 mois ou plus. Ce qui compte, c'est que les progrès soient concrets et mesurables.
Quand le problème dépasse la sexualité et touche à la relation elle-même, un travail parallèle avec un thérapeute de couple peut vraiment accélérer les choses.
Traumatismes sexuels : le rôle central du sexothérapeute
C'est probablement le domaine où le sexothérapeute est le plus irremplaçable. Les traumatismes sexuels (agression, abus dans l'enfance, rapport non consenti, attouchements) laissent des traces profondes qui affectent la sexualité pendant des années, parfois des décennies. Et ces traces ne se traitent pas avec un simple conseil ou une prescription médicamenteuse.
Le sexothérapeute formé aux psycho-traumatismes sait que le corps garde en mémoire ce que le cerveau a parfois mis de côté. Des réactions automatiques se déclenchent dans l'intimité : une crispation, une dissociation (le sentiment de « ne plus être là »), une incapacité à ressentir du plaisir, ou au contraire une hypersexualité compulsive. Ces réactions ne sont pas des choix. Ce sont des mécanismes de protection que le cerveau a mis en place, et qu'il faut déconstruire progressivement.
Les techniques utilisées dans ce cadre sont spécifiques :
- L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) permet de retraiter les souvenirs traumatiques sans les revivre dans toute leur intensité. Des études publiées dans le Journal of EMDR Practice and Research montrent une efficacité significative sur les troubles sexuels post-traumatiques.
- La thérapie sensorimotrice travaille directement avec les réactions du corps : apprendre à reconnaître les signaux de stress, à réguler l'activation du système nerveux, à retrouver un sentiment de sécurité dans son propre corps.
- L'approche narrative aide la personne à se réapproprier son histoire, à passer du statut de victime à celui de survivant, puis à celui de personne qui vit pleinement sa sexualité.
Ce travail prend du temps, souvent 6 mois à un an, parfois plus. Mais il est transformateur. Le sexothérapeute accompagne à un rythme que la personne choisit, sans jamais forcer une confrontation pour laquelle elle n'est pas prête.
Sexothérapie et nouvelles conjugalités
La sexothérapie ne se limite pas au schéma classique du couple hétérosexuel installé. Les sexothérapeutes d'aujourd'hui accompagnent une diversité de situations que la société reconnaît de plus en plus :
Les couples LGBTQ+ ont des problématiques parfois spécifiques. L'homophobie intériorisée peut créer des blocages sexuels profonds. La question du coming-out tardif, quand on se découvre après des années de relation hétérosexuelle, bouscule toute la construction identitaire et intime. Le sexothérapeute offre un espace sans jugement pour explorer ces questions.
Les relations non-monogames (polyamour, relation libre, échangisme) soulèvent des questions propres : comment gérer la jalousie ? Comment maintenir l'intimité avec un partenaire « principal » ? Comment poser des limites claires ? Le sexothérapeute aide à démêler ce qui relève du désir authentique et ce qui cache un évitement ou une fuite.
Les transitions de vie bouleversent la sexualité : la ménopause et l'andropause, le veuvage et la reconstruction d'une vie intime après un deuil, le handicap acquis qui impose de réinventer sa sexualité. Ce sont des accompagnements de plus en plus demandés, et les sexothérapeutes s'y forment activement.
L'impact du numérique est aussi un sujet croissant : addiction à la pornographie, sexting compulsif, infidélité en ligne. Ces comportements ont des mécanismes psychologiques propres que le sexothérapeute est formé à traiter, en combinant approche addictologique et travail sur la sexualité.
Ce qui caractérise un bon sexothérapeute, c'est sa capacité à accueillir toutes ces réalités sans plaquer un modèle unique. La norme, en matière de sexualité, c'est qu'il n'y en a pas, tant que les pratiques sont consenties et ne génèrent pas de souffrance.
Bien choisir son sexothérapeute : les critères qui comptent
Le titre de sexothérapeute n'étant pas protégé par la loi en France, n'importe qui peut en théorie se déclarer comme tel. C'est un vrai problème, et c'est pourquoi il faut vérifier quelques points avant de prendre rendez-vous.
La formation initiale est le premier critère. Un sexothérapeute sérieux a d'abord une formation de base solide : psychologue (Master en psychologie clinique), médecin, ou professionnel paramédical. À cela s'ajoute une formation complémentaire en sexologie (DU ou DIU) et en psychothérapie (TCC, EMDR, systémique, psychodynamique…). Méfiez-vous des praticiens qui n'affichent qu'une certification privée de quelques semaines.
La supervision est un indicateur de sérieux. Un bon sexothérapeute continue de travailler avec un superviseur tout au long de sa carrière (un confrère plus expérimenté qui l'aide à prendre du recul sur ses cas et à maintenir une posture professionnelle). Demandez si le praticien est supervisé.
Le cadre déontologique doit être explicite. Un sexothérapeute professionnel respecte un code de déontologie (celui des psychologues, des médecins, ou celui de son association professionnelle). Il ne touche jamais le patient, ne propose jamais d'exercice en séance impliquant la nudité, et maintient une distance professionnelle absolue. Si un praticien vous met mal à l'aise ou franchit ces limites, partez immédiatement.
Le premier contact est révélateur. Un bon sexothérapeute prend le temps d'expliquer sa méthode lors du premier échange téléphonique, répond à vos questions sur sa formation, et ne promet pas de résultats miracles. Il vous dit aussi clairement si votre problématique relève de ses compétences ou s'il est préférable de consulter un autre type de professionnel, un sexologue médecin pour un bilan organique, par exemple.
Sur notre annuaire, les praticiens affichent leur formation, leurs spécialisations et leurs méthodes. C'est un bon point de départ pour faire un choix éclairé.
Tarifs indicatifs
Les séances coûtent entre 70€ et 110€, selon la ville et l'expérience du praticien. La Sécurité sociale ne rembourse pas la sexothérapie, sauf si le praticien est aussi médecin (auquel cas la part « consultation médicale » est prise en charge). Certaines mutuelles proposent un forfait annuel pour les consultations chez un sexothérapeute, souvent dans la rubrique « psy » ou « médecines douces ».
Questions fréquentes sur les sexothérapeutes
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